KronikOfans – Montreux Jazz Festival 15.07.2011

 

THE HISTORY OF HIP HOP – TOMMY BOY 30TH ANNIVERSARY CONCERT

AFRIKA BAMBAATAA

COOLIO

DIGITAL UNDERGROUND

HOUSE OF PAIN

NAUGHTY BY NATURE

PRINCE PAUL

Il est de ces soirées de rêve qui peuvent vite virer au cauchemar…

Les 30 ans du label Tommy Boy, célébrée en un anniversaire si sobrement intitulé THE HISTORY OF HIP HOP le vendredi 15 juillet dernier au Montreux Jazz Festival fût l’une d’elle pour mécol !

Un line up regroupant tout ce que les piliers du hip hop compte comme vieux briscards, mise à part Coolio, fils indigne du rap intrusivement programmé parmi des pères fondateurs, laisser présager d’une toute bonne et très longue soirée de jumpage, suage et putyourhandsupage des plus mythiques….

L’écart entre le fantasme et la réalité m’a malheureusement atteint in da face !

Tout a très mal commencé par le déplacement de ma campagne nord-vaudoise à la Riviera dorée. N’écoutant que ma conscience affûtée de festivalier eco-responsable et ma stratégie d’évitement du conducteur avino-irresponsable, je décidai de rejoindre le lieu du drame en transport en commun fédéral.

Mal m’en a pris, puisque une improbable et énervante défaillance ferroviaire nous a mis à rude épreuve nerveuse, moi ainsi que quelques bonnes centaines d’autres festivaliers éco-avino-déterminés, de touristes exténués de leur retour de playa et de délégations en training et en goguette.

 Finalement après quatre trains différents, un transit par d’insoupçonnées minuscules gares vaudoises apeurées d’une telle affluence de mécontents, de puissantes suées collectives, entassés dans des entre-wagons dont l’affluence, l’odeur et l’ambiance n’avaient rien à envier à ceux de Bombay un jour de pèlerinage hindou, nous parvînmes à rejoindre  l’Auditorium Strawinski à 23h45, non sans avoir embrassé ma progéniture quelque quatre heures plus tôt à peine quelques kilomètres plus au nord.

Bon, un mauvais Karma peut aisément expliquer ce manque crasse de cul du type qui pose le sien deux fois l’an dans un train…

En contrepartie, la galère commune crée du lien, c’est bien connu on est plus soudé dans l’adversité et face à un ennemi commun, quelques rencontres fortuites et forcées sont donc, par dépit, parvenues à égayer cette triste transhumance…

Quel ne fût donc pas mon bonheur en arrivant enfin dans l’antre qui orne son blaze d’un passé de jazz, d’apprendre que j’avais manqué une prestation dispensable de COOLIO, qui, trop déchiré pour faire même très approximativement son job, n’était parvenu qu’à borborygmer quelques approximations de flows… ouf !

Par contre les récits que je récoltai des shows d’AFRIKA BAMBAATA et surtout de DIGITAL UNDERGROUND me laissèrent un goût amer de vengeance contre l’ancienne régie de service publique ferroviaire et ses promesses non tenues de suissitude gonflée à la ponctualité …

Mauvais karma disais-je ?

Je me consolai en goûtant quelques breuvages distillés à prix locaux et en me réjouissant des lives goûtus qu’il me restait à déguster.

C’est alors qu’HOUSE OF PAIN rejoint la scène quasi bondée du Strawinski, tous attributs de vrai groupe dehors. Et oui des vieux de la vieille qui se la jouent en montrant qu’ils savent jouer de vieux instruments vrais tels que guitare et batterie, c’est assez rare dans le milieu pour être souligné…

Une poignée de vieux tubes rapidement liquidés, une incursion d’un tout bon beat West Coast que toute la salle reconnaît mais que personne ne connaît tant il est entré dans l’inconscient Hip Hop collectif depuis sa production par un certain Dr. Dre à l’orée des 90’s, un tube d’EVERLAST, gratté à la Gibson, un « Back From The Dead » bien crasseux et bien jouissif, pour déboucher sur LE « Jump Around » tant attendu, poussant carrément à l’hystérie collective les quelques milliers de nostalgiques de leur jeunesse de fausse caillera de la banlieue suisse romande, sautant frénétiquement dans tous les sens en scandant ces bribes d’histoire de la musique des pré daft punkienne.

Et voilà, en 33 minutes et peut-être quelques secondes, le tout était bouclé et le tour, joué … ouf pas eu le temps de s’en réjouir, même si il est vrai que le final me fila un bon shoot d’adrénaline et de revival sonore !

Ca s’est fait !

Pour achever la mutation du rêve en réalité désabusée, il subsistera encore une sorte de showcase en apothéose de NAUGHTY BY NATURE, de très bonne facture même si écourté par mon attente au bar à l’extérieur d’une salle de concert où l’on prohibe les boissons tel en 29, mais de loin pas aussi transcendant que dans mon souvenir de l’idolâtrie que je leur vouais lors de ma prime adolescence de rappeur dans la campagne valaisanne… Foutu karma !

Un final en Jam Session avec toute la clique sur scène, y compris PRINCE PAUL dont je ne saurai finalement jamais quand et comment il a joué, Tommy Boy en personne, Quincy Jones par hasard et un Claude Nobs, bretelles presque rockabilly, sneakers presque flashy improvisant des airs presque country avec son harmonica presque funky, au milieu de tous ces ex-dieux du Hip Hop, quelques freestyles de Vin Rock de Naughty by Nature et du MC d’Afrika Bambaata auront en fin de compte raison du peu de motivation, il est vrai, que j’ai réussi à investir dans cette soirée « ex-de rêve » !

1h15, le tout est joué et le tour est bouclé !

Ne restera ensuite plus qu’à se démener pour obtenir le droit de pénétrer le sur-bondé Studio 41 et de se déhancher sur le final des excellents lausannois de Cadenza, DIGITALINE et sur quelques autres beats presque admirables de DJ’S presque admiratifs de leurs propres prestations.

Après un retour en train, sans vraiment y croire, je n’embrassai finalement à nouveau ma progéniture qu’à son réveil de sa belle nuit emplie de vrais rêve d’enfant, à 7h le samedi matin, ce qui, je le concède, fût bien trop tard par rapport à ce qu’il ne se passa pas bien plus tôt…

On est certes toujours plus malin après, ou, comme disait mère-grand, c’est pas quand on a fait au froque qu’y faut s’retenir, mais j’ai promis à mon karma que la prochaine fois qu’on me proposera une soirée de rêve, j’y réfléchirai avant de me retrouver à en cauchemarder !

Julien Maret

 

 

pixelstats trackingpixel
 

Les commentaires sont fermés pour cet article.